Théâtre, histoire d’une enfance: Catherine Verlaguet a le talent rare d’écrire le monde de l’enfance avec une délicatesse qui lui permet d’aborder les sujets les plus di^iciles. Dans Les Abîmés, l’humanité de ses mots, la
justesse de ce qu’elle insu^le sont portées à la scène avec talent par Bénédicte Guichardon.
Ludo et P’tit Lu grandissent dans l’ombre d’un père violent. De retour au foyer familial après de longs mois de placement, les deux frères retrouvent la même maison, le même père, la même mère muette face à l’inévitable. Lorsque P’tit Lu est à nouveau repris par les services sociaux, Ludo, lui, choisit la fuite.
Les tonalités de bleu éclairent l’humanité de ces deux frères qui, devenus grands, évoquent
leurs souvenirs d’enfance : la violence des routes qui se séparent, les rencontres qui réparent,
les découvertes qui illuminent et redessinent un chemin de vie. Entre rage contenue et
tendresse en pointillés, Les Abîmés est le récit d’une enfance cabossée, mais aussi une ode à la
résilience, à celles et ceux qui soignent, recousent et tendent la main. Un spectacle sublime qui donne un visage à une réalité trop longtemps tue, pour que d’autres enfants, enfin, osent lever la voix.